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Voeux de Roselyne Bachelot-Narquin aux aux Forces Vives des sports, de la jeunesse et de la vie associative - Paris

23 janvier 2008

Monsieur le Secrétaire d’Etat,
Mesdames et messieurs les présidents,
Mesdames et messieurs,
Cher amis,

Les vœux aux for­ces vives du monde spor­tif fran­çais sont pour moi un moment pri­vi­lé­gié où j’ai l’occa­sion de m’adres­ser à tous, abs­trac­tion faite des fonc­tions et des par­ti­cu­la­ri­tés de cha­cun.

Moment pri­vi­lé­gié pour consi­dé­rer d’un œil neuf l’ave­nir du sport dans notre pays.

Moment pri­vi­lé­gié pour tra­cer la pers­pec­tive de notre enga­ge­ment com­mun au ser­vice du renou­veau de la pra­ti­que spor­tive en France.

La poli­ti­que que je sou­haite conduire est une poli­ti­que ambi­tieuse qui pro­cède toute entière d’une démar­che qua­li­ta­tive. Qu’il s’agisse du déve­lop­pe­ment du sport de haut niveau ou de la pro­mo­tion du sport pour le plus grand nom­bre, c’est une cer­taine idée du sport dont notre action minis­té­rielle est aujourd’hui por­teuse.

Le sport, en effet, vaut essen­tiel­le­ment par ses ver­tus éducatives mais aussi par ses effets béné­fi­ques sur la santé de ceux qui le pra­ti­quent.

Certes, la per­for­mance spor­tive peut avoir quel­que chose d’admi­ra­ble et d’éblouissant. Mais la per­for­mance, comme cha­cun sait, n’est pas une fin en soi, et ne vaut elle-même qu’à la condi­tion d’être subor­don­née à quel­ques prin­ci­pes qui défi­nis­sent la nature même de la spor­ti­vité.

Le but du jeu n’est pas de gagner à tout prix, ou plu­tôt, devrait-on dire, quelle que soit la manière. Pour sus­ci­ter notre pas­sion, une épreuve spor­tive doit res­ter un jeu loyal et ouvert, une épreuve de vérité. Nous ne dési­rons pas applau­dir quel­ques surhom­mes invul­né­ra­bles, pro­gram­més pour gagner. Une épreuve spor­tive nous ennuie d’ailleurs bien vite quand elle n’offre que le spec­ta­cle d’une invin­ci­bi­lité fac­tice.

En ce sens, ne nous voi­lons pas la face, le sport a tout à gagner, en terme d’image, de cré­di­bi­lité, à l’ins­tau­ra­tion de contrô­les anti-dopage impé­ra­tifs et contrai­gnants. C’est un de mes com­bats essen­tiels. Je le mène­rai jusqu’au bout, par le moyen notam­ment de l’expé­ri­men­ta­tion du pas­se­port san­guin. Dans l’inté­rêt du sport lui-même.

Cependant, à mes yeux, bien entendu, l’essen­tiel n’est pas là. L’essen­tiel est de pro­mou­voir la valeur exem­plaire du geste spor­tif qui sus­cite, notam­ment auprès des plus jeu­nes, ce sen­ti­ment qui élève et qu’on nomme : admi­ra­tion.

Il faut pour gran­dir, en effet, être capa­ble de redres­ser la tête, non pas se pros­ter­ner et ido­lâ­trer, mais être en mesure de reconnaî­tre les mar­ques du cou­rage, de la pro­bité, de la géné­ro­sité, bref de l’excel­lence humaine qui par­fois se mani­feste dans un exploit spor­tif, indi­vi­duel ou col­lec­tif.

Aussi, je tenais à vous dire que j’ai bon espoir pour le sport qui devrait sor­tir grandi, plu­tôt qu’affai­bli, de la lutte contre le dopage.

En impo­sant des règles de contrôle caté­go­ri­ques, en les uni­ver­sa­li­sant, non seu­le­ment nous conso­li­de­rons la confiance néces­saire à l’enthou­siasme sus­cité, mais nous favo­ri­se­rons l’avè­ne­ment d’une ère nou­velle où le com­por­te­ment spor­tif ces­sera de reflé­ter nos mœurs chi­mi­quées, d’en être la déso­lante copie, pour deve­nir le modèle qu’on vou­drait imi­ter.

Le sport de haut niveau a voca­tion, en effet, à pro­mou­voir des maniè­res d’être exem­plai­res et non à répé­ter jusqu’à la cari­ca­ture notre appé­tence fré­né­ti­que pour la ren­ta­bi­lité et nos tra­vers consu­mé­ris­tes.

Le sport doit avoir pour effet d’élever ceux qui le pra­ti­quent avec pro­bité, sans faux-sem­blants.

La beauté du sport consiste à nous lais­ser voir ce que cha­cun « peut » dans les limi­tes de son pro­pre corps. Le sport est un beau com­bat, s’il s’agit de décou­vrir en soi-même les res­sour­ces néces­sai­res à l’exploit.

Vouloir gagner ne sau­rait donc, en aucun cas, impli­quer de sacri­fier sa santé sur l’autel de vai­nes gloi­res, ni encore moins, pour obte­nir quel­ques lau­riers fac­ti­ces et éphémères. Quelques com­pé­ti­teurs, mal entraî­nés, l’ont ces der­niers temps, mal­heu­reu­se­ment appris à leurs dépens.

Le but du jeu n’est pas de trans­gres­ser les fron­tiè­res du pos­si­ble au ris­que de se détruire.

Faire du sport, ne sup­pose pas, non plus, néces­sai­re­ment, des pré­dis­po­si­tions excep­tion­nel­les. C’est dans cet esprit qu’il nous revient, confor­mé­ment à la volonté clai­re­ment expri­mée du Président de la République, de pro­mou­voir la pra­ti­que du sport pour le plus grand nom­bre.

L’exer­cice éclairé d’une acti­vité spor­tive nous donne, en effet, une véri­ta­ble leçon de vie. La belle santé de ceux qui pra­ti­quent le sport avec intel­li­gence, mesure et régu­la­rité, nous fait clai­re­ment com­pren­dre que le corps peut tou­jours plus qu’on ne le croit.

Dans cette opti­que, notre poli­ti­que en faveur du sport pour tous, est tout à fait com­plé­men­taire des poli­ti­ques géné­ra­les de santé publi­que que nous menons en faveur de la pré­ven­tion par le sport, de manière à endi­guer la recru­des­cence des patho­lo­gies liées à la séden­ta­rité.

Ma poli­ti­que du sport est donc bien un élément-clef de cette poli­ti­que de la vie que je conduis plus glo­ba­le­ment, dans le but de contri­buer à l’amé­lio­ra­tion au long cours de la qua­lité de vie de nos conci­toyens.

Faire du sport, à tous les âges de la vie, est un moyen de bien gran­dir, de conser­ver sa santé mais aussi de bien vieillir.

Le minis­tère de la santé, de la jeu­nesse et des sports, sui­vant les contours de son péri­mè­tre iné­dit, se doit, à cet égard, de faire du sport, confor­mé­ment aux vœux du Président de la République, une pra­ti­que sociale par­ta­gée.

Ce pro­jet ambi­tieux sup­pose, bien sûr, d’ini­tier une bonne pra­ti­que du sport, dès le plus jeune âge. Le sport a une fonc­tion éducative essen­tielle. Il peut aussi, favo­ri­ser, sans conteste, l’inser­tion et la cohé­sion sociale. Ainsi, nous pour­sui­vrons en 2008 les efforts que j’ai enga­gés, de sorte que la pra­ti­que du sport se déve­loppe chez les jeu­nes sco­la­ri­sés et les habi­tants des quar­tiers en dif­fi­culté, en par­ti­cu­lier dans les zones fran­ches urbai­nes.

Les recet­tes affec­tées au CNDS per­met­tront d’accroî­tre l’offre d’acti­vi­tés spor­ti­ves en temps péris­co­laire, tout par­ti­cu­liè­re­ment pour les col­lé­giens entre 16h et 18h, en contri­buant à la cons­truc­tion de nou­veaux équipements spor­tifs indis­pen­sa­bles à un tel déve­lop­pe­ment.

Au quo­ti­dien, nos conci­toyens doi­vent pou­voir accé­der à une offre spor­tive de qua­lité.

Dans le même esprit, nous pré­voyons de por­ter à 4 heu­res le temps consa­cré à la pra­ti­que du sport dans le pri­maire.

A l’autre bout de la chaîne, il nous fau­dra sans tar­der, don­ner au sport à l’uni­ver­sité la place qu’il mérite. Nous nous apprê­tons en ce sens à confier à Stéphane Diagana et à Gérard Auneau une mis­sion qui per­mette d’ini­tier enfin, avec le minis­tère de l’ensei­gne­ment supé­rieur, les réfor­mes tant atten­dues. C’est peu de dire, en effet, de cons­ta­ter que la pra­ti­que spor­tive reste, dans nos uni­ver­si­tés, insuf­fi­sam­ment valo­ri­sée.

Le déve­lop­pe­ment du sport de haut niveau reste également pour nous une prio­rité majeure.

Ainsi, l’INSEP pour­sui­vra sa méta­mor­phose dans le cadre d’un très ambi­tieux pro­jet de réno­va­tion et de moder­ni­sa­tion, car si nous pou­vons être fiers de la réus­site de l’INSEP, qui forme près des 2/3 des médaillés olym­pi­ques, notre devoir est aussi de veiller à ce que l’ins­ti­tu­tion reste aussi jeune et com­pé­ti­tive que les ath­lè­tes qu’elle pré­pare.

C’est à eux, bien sûr, qu’en ce début d’année nous devons adres­ser tous nos vœux, nos vœux de santé, de bon­heur et de réus­site. L’année 2008 sera d’abord leur année.

La France accueillera cette année six cham­pion­nats d’Europe et sept cham­pion­nats du monde tan­dis que se dérou­le­ront cet été les jeux olym­pi­ques de Pékin. Ce sera l’occa­sion, pour un bon nom­bre de spor­tifs, de mesu­rer l’étendue de leur talent, la soli­dité de leur pré­pa­ra­tion, et de décro­cher peut-être les médailles de la vic­toire. A tou­tes et à tous, je sou­haite bonne chance !

A vous tous et à vous tou­tes qui consa­crez au sport tant de talent et d’énergie, aux béné­vo­les qui se dépen­sent sans comp­ter pour faire vivre le sport dans notre pays, aux pro­fes­sion­nels ici réu­nis, au comité natio­nal olym­pi­que du sport fran­çais, aux pré­si­dents des fédé­ra­tions inter­na­tio­na­les, aux diri­geants de fédé­ra­tions, de ligues et de clubs, à vous tous ici pré­sents, qui aimez pas­sion­né­ment le sport et défen­dez les valeurs qu’il incarne, je sou­haite une mer­veilleuse année 2008 !