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Discours de Rama Yade au conseil d’administration du CNDS du 6 mai 2010 | 06/05/2010 |

7 mai 2010

Monsieur le président du CNOSF, cher Denis,
Monsieur le président du conseil d’administration, cher Raymond-Max,
Mesdames, Messieurs les membres du conseil d’administration,

Je suis heu­reuse d’être de nou­veau avec vous pour ce pre­mier conseil d’admi­nis­tra­tion du CNDS de l’année 2010.

Je tiens tout d’abord à remer­cier le pré­si­dent Raymond-Max AUBERT pour ses quel­ques mots d’intro­duc­tion et, plus lar­ge­ment, son action depuis qua­tre ans à la tête de l’établissement. Il pré­side nos tra­vaux avec élégance et effi­ca­cité. Le CNDS, pour deve­nir ce qu’il est aujourd’hui, un lieu de concer­ta­tion et d’action avec des acteurs si dif­fé­rents les uns des autres, avait besoin d’un homme de dia­lo­gue et de ras­sem­ble­ment. Vous êtes à cet égard irrem­pla­ça­ble.

Je salue également tous les mem­bres du conseil d’admi­nis­tra­tion pré­sents, ainsi que leurs sup­pléants. Je suis extrê­me­ment reconnais­sante pour le tra­vail qu’ils accom­plis­sent au sein du CNDS. Je remer­cie tout par­ti­cu­liè­re­ment Denis MASSEGLIA, qui nous accueille aujourd’hui dans les locaux du Comité natio­nal olym­pi­que et spor­tif fran­çais.

Je salue enfin les par­le­men­tai­res pré­sents et les remer­cie de l’inté­rêt cons­tant qu’ils por­tent au CNDS et à son action.

Le conseil d’admi­nis­tra­tion d’aujourd’hui sera à bien des égards mar­qué par la dimen­sion inter­na­tio­nale des déli­bé­ra­tions. Nous y revien­drons plus en détail tout au long de la réu­nion, mais per­met­tez-moi tout de même de sou­li­gner dès main­te­nant quel­ques points essen­tiels.

L’action à dimen­sion inter­na­tio­nale du CNDS, ce sont d’abord ses inves­tis­se­ments dans les grands équipements spor­tifs, si impor­tant pour le déve­lop­pe­ment du sport de haut niveau fran­çais et nos can­di­da­tu­res aux gran­des com­pé­ti­tions spor­ti­ves. Je pense notam­ment au stade et pis­tes de biath­lon pré­vus au Grand-Bornand, pro­jet qui sera exa­miné aujourd’hui et qui s’ins­crit dans le cadre de la can­di­da­ture d’Annecy aux Jeux de 2018.

Cette action inter­na­tio­nale, c’est aussi la capa­cité du CNDS à sou­te­nir direc­te­ment la can­di­da­ture et l’orga­ni­sa­tion de grands événements spor­tifs en France. La liste des pro­jets pré­sen­tés aujourd’hui est d’ailleurs tout à fait excep­tion­nelle, du cham­pion­nat du monde d’escrime de cet automne à la can­di­da­ture d’Annecy aux JO de 2018. La res­pon­sa­bi­lité est lourde pour le CNDS, mais elle lui donne désor­mais un rôle stra­té­gi­que dans l’ambi­tieuse poli­ti­que d’accueil des événements spor­tifs que notre pays met en place.

Elle nous a conduits par ailleurs à créer, lors du pré­cé­dent conseil d’admi­nis­tra­tion, le comité des grands événements inter­na­tio­naux, dont nous dis­cu­te­rons plus spé­ci­fi­que­ment dans quel­ques ins­tants.

La dimen­sion inter­na­tio­nale du CNDS, c’est enfin pour moi le fonds spor­tif dédié à la pro­tec­tion inter­na­tio­nale de l’enfance. Je vous le disais déjà lors du conseil d’admi­nis­tra­tion du 22 octo­bre : je suis convain­cue que l’ave­nir du sport fran­çais se joue aussi dans le domaine de l’éthique. La lutte contre l’exploi­ta­tion des spor­tifs mineurs et les actions d’aide au déve­lop­pe­ment par le sport sont en effet une obli­ga­tion morale.

Il est temps que cet enga­ge­ment se maté­ria­lise en actes concrets.

Comme vous le savez, un pro­jet de décret a été exa­miné par le Conseil d’Etat pour étendre les pos­si­bi­li­tés d’inter­ven­tion du CNDS afin de finan­cer les orga­nis­mes de pro­tec­tion inter­na­tio­nale de l’enfance qui agis­sent dans le domaine des acti­vi­tés phy­si­ques et spor­ti­ves. Co-signé par Roselyne Bachelot et moi-même, il per­met­tra au CNDS, confor­mé­ment à ce qui avait été voté au der­nier conseil d’admi­nis­tra­tion, de consa­crer 2 mil­lions d’euros à ces actions.

J’ai demandé à ce titre au Directeur géné­ral du CNDS, Julien NIZRI, de pré­pa­rer une déli­bé­ra­tion fixant les moda­li­tés de ver­se­ment de ces cré­dits. Elle n’a pas pu vous être sou­mise aujourd’hui, mal­gré les efforts dili­gents de mon cabi­net et de celui de Mme Bachelot, mais elle vous sera trans­mise très rapi­de­ment par cour­rier, dès la signa­ture du décret par le Premier minis­tre, dans le cadre de ce qu’on qua­li­fie fami­liè­re­ment une « consul­ta­tion papier », afin de per­met­tre la mise en place du dis­po­si­tif avant la Coupe du monde de foot­ball en Afrique du sud. Je pré­sen­te­rai per­son­nel­le­ment les pro­gram­mes et les actions du fond au moment de la Coupe du monde.

La mise en place de ce fonds spor­tif dédié à la pro­tec­tion inter­na­tio­nale de l’enfance est d’autant plus impor­tante qu’elle me parait emblé­ma­ti­que de la capa­cité du CNDS à ras­sem­bler les dif­fé­rents acteurs du sport autour d’actions com­mu­nes pou­vant secouer les iner­ties et dura­ble­ment chan­ger le sport fran­çais.

La pré­pa­ra­tion des Assises du sport et du déve­lop­pe­ment dura­ble répond également à ce besoin fon­da­men­tal de tra­vailler ensem­ble. J’ai lancé l’idée de ces Assises le 6 octo­bre der­nier lors de mon dis­cours à la Sorbonne. Il m’a sem­blé évident d’y asso­cier le CNOSF, qui lui-même a déjà tra­vaillé sur cette thé­ma­ti­que, dès 2002, avec la défi­ni­tion de son Agenda 21. Ensemble, nous avons engagé un tra­vail consi­dé­ra­ble depuis le début de l’année, avec les repré­sen­tants des col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­ria­les, ainsi que le minis­tère de l’Ecologie et l’ADEME.

J’en pro­fite pour remer­cier Bertrand JARRIGE et la Direction des sports pour leur impli­ca­tion dans ce dos­sier et leurs efforts pour réu­nir autant de par­te­nai­res dif­fé­rents dans la pers­pec­tive de la jour­née natio­nale de lan­ce­ment des Assises, le 20 mai pro­chain.

En cela, les Assises cons­ti­tuent un modèle de coo­pé­ra­tion vers lequel nous devons ten­dre, avec l’établissement d’un diag­nos­tic par­tagé, un tra­vail en amont réu­nis­sant tous les acteurs inté­res­sés et l’élaboration col­lec­tive d’une poli­ti­que publi­que forte et inno­vante pour le déve­lop­pe­ment du sport.

Cela signi­fie notam­ment que nous devons appren­dre à mieux tra­vailler avec les col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­ria­les.

Je suis tou­jours avec la plus grande des atten­tions, vous vous en dou­tez bien, la réforme en cours. Elle sus­cite encore, je le sais, de for­tes inquié­tu­des. La posi­tion du gou­ver­ne­ment est pour­tant claire : la réforme n’entraî­nera pas un désen­ga­ge­ment des col­lec­ti­vi­tés du sport. Au contraire, elle a pour objec­tif de cla­ri­fier leurs com­pé­ten­ces en matière de sport et, de ce fait, sera aussi un moyen de sécu­ri­ser les finan­ce­ments des clubs ama­teurs, des équipements et des mani­fes­ta­tions spor­ti­ves.

Dire que la sup­pres­sion de com­pé­tence géné­rale pour les dépar­te­ments et les régions est syno­nyme de fin des finan­ce­ments pour le sport est donc une contre-vérité abso­lue. J’attends d’ailleurs encore le moin­dre élément concret allant dans ce sens.

Je dis tout cela avec d’autant plus de convic­tion que je pense que les col­lec­ti­vi­tés devraient être davan­tage être impli­quées dans la gou­ver­nance du sport. Nous devons, et je pense tout par­ti­cu­liè­re­ment à l’Etat, appren­dre à mieux tra­vailler en amont avec les col­lec­ti­vi­tés. C’est d’ailleurs dans cet esprit que j’ai voulu, avec le CNOSF, que la pré­si­dence du nou­veau comité des grands événements revienne à un élu d’une col­lec­ti­vité.

Pour finir, j’émets un sou­hait : que le CNDS soit davan­tage un outil de chan­ge­ment et d’inno­va­tion, et de moins en moins un sim­ple gui­chet de sub­ven­tion.

Un outil de chan­ge­ment et d’inno­va­tion :

- pour les équipements spor­tifs, si déter­mi­nants dans la manière dont le sport est pra­ti­qué et vécu par les spor­tifs et les éducateurs ;

- pour la lutte contre les vio­len­ces, les inci­vi­li­tés et les dis­cri­mi­na­tions dans le sport, qui est cer­tai­ne­ment un des grands défis aux­quels nous devrons faire face dans les pro­chai­nes années ;

- pour le béné­vo­lat, qui cons­ti­tue le socle même du mou­ve­ment asso­cia­tif spor­tif et qui n’a pour­tant jamais béné­fi­cié d’une poli­ti­que de grande ampleur en faveur de son déve­lop­pe­ment.

Car tous ces sujets méri­tent une poli­ti­que ambi­tieuse.

Je sais que le CNOSF réflé­chit aussi de son côté à des mesu­res inté­res­san­tes pour le déve­lop­pe­ment des fédé­ra­tions, le sou­tien aux équipements spor­tifs et l’aide aux spor­tifs de haut niveau.

Le tra­vail ne man­que donc pas. Il est cepen­dant dom­mage que les deux réu­nions du prin­temps et de l’automne ne per­met­tent sou­vent pas de débat­tre de tels sujets.

C’est pour­quoi je vous pro­pose, après en avoir parlé avec Denis MASSEGLIA, un conseil d’admi­nis­tra­tion excep­tion­nel du CNDS au mois de sep­tem­bre afin de pou­voir faire le point sur des chan­tiers d’impor­tance comme les gran­des can­di­da­tu­res fran­çai­ses – notam­ment celle d’Annecy 2018 – et de réflé­chir ensem­ble à de nou­vel­les mesu­res pour le déve­lop­pe­ment du sport et du mou­ve­ment spor­tif.

Je conclu­rai en remer­ciant Julien Nizri et l’ensem­ble de son équipe pour la qua­lité de l’orga­ni­sa­tion de ce conseil d’admi­nis­tra­tion. Les efforts deman­dés pour la pré­pa­ra­tion de ces réu­nions sont consi­dé­ra­bles. Et eux aussi, par leur tra­vail auprès de vous tout au long de l’année, contri­buent à faire du CNDS un exem­ple uni­que de concer­ta­tion effi­cace dans le sport fran­çais. Je me devais donc de saluer leur remar­qua­ble tra­vail.

Je vous remer­cie.

Seul le pro­noncé fait foi