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Discours de Rama Yade l’occasion de la remise du rapport « Grandes salles – ARENAS 2015 »
| 10/03/2010 |

10 mars 2010

Cher Président COSTANTINI,
Chers présidents de fédérations et de ligues professionnelles, venus nombreux,
Mesdames et Messieurs, chers amis,

Nous savons tous ici que Daniel COSTANTINI est un homme de défis. Je ne l’ai pas cru une seconde lors­que, fin août, il a répondu à ma pro­po­si­tion de pré­si­der la Commission Grandes Salles qu’il n’était pas l’homme de la situa­tion, mais qu’il accep­tait. Homme de défis, je vous disais.

Pardonnez-moi, cher Daniel, mais j’ai eu rai­son de ne pas vous croire – et vous avez eu rai­son d’accep­ter. Le rap­port que vous venez de me remet­tre res­tera comme une étape mar­quante pour les sports de salle en France et une contri­bu­tion majeure à leur déve­lop­pe­ment. Les mois et les années à venir, croyez-moi, nous le prou­ve­ront.

Il suf­fit de regar­der autour de nous pour com­pren­dre l’impor­tance de ce qui est en jeu et mesu­rer l’attente que vos tra­vaux ont sus­ci­tée. Le bas­ket (cher Yvan MAININI), le hand­ball (cher Joël DELPLANQUE), le vol­ley (cher Jean-Paul ALORO), mais aussi le bad­min­ton, le judo (cher Jean-Luc ROUGÉ), le ten­nis (cher Gilbert YSERN), l’escrime, la gym­nas­ti­que, l’esca­lade (cher Pierre YOU), le squash, nous atten­dent. Ils atten­dent, vous atten­dez, à la fois une prise de cons­cience, la prise de cons­cience d’un retard pré­ju­di­cia­ble à leurs sports, et une reconnais­sance, la reconnais­sance de l’enjeu natio­nal que repré­sen­tent les sal­les néces­sai­res à leur déve­lop­pe­ment. Jamais encore les pou­voirs publics ne s’étaient sai­sis de cette ques­tion pour ins­crire à leur agenda, avec volon­ta­risme et ambi­tion, la ques­tion des gran­des sal­les.

Permettez-moi d’être heu­reuse et fière de le faire aujourd’hui, avec vous et grâce à vous.

La prise de cons­cience du rôle impor­tant que jouent désor­mais les encein­tes spor­ti­ves dans l’économie du sport est récente. De même a-t-on long­temps sous-estimé à quel point les gran­des sal­les et leur pro­gram­ma­tion par­ti­ci­pent du patri­moine d’un pays. Ce sont tout à la fois, ainsi que vous le sou­li­gnez, des lieux de culture et des lieux de mémoire. Ce sont aussi, et vous savez l’impor­tance que j’y atta­che, des lieux de ras­sem­ble­ment, des lieux où se tisse, comme nulle part ailleurs, le lien social.

La France devrait ainsi pou­voir comp­ter sur un parc de sal­les garan­tis­sant l’accès au sport pour tous et reflé­tant la viva­cité du sport asso­cia­tif et sco­laire, mais capa­ble aussi de répon­dre aux exi­gen­ces d’accueil des com­pé­ti­tions inter­na­tio­na­les et per­met­tant à nos clubs pro­fes­sion­nels de mener des poli­ti­ques spor­ti­ves ambi­tieu­ses.

Pourtant, nous som­mes en retard. Très en retard. Notre parc de sal­les ne nous per­met pas de répon­dre aux atten­tes du haut niveau. Et il est très loin de sou­te­nir la com­pa­rai­son avec celui de nos concur­rents.

L’état des lieux que dresse votre rap­port, cher Daniel, est édifiant. C’est le désar­mant cons­tat d’un pays qui, alors que toute l’Europe se dotait de gran­des ins­tal­la­tions mul­ti­fonc­tion­nel­les, n’a cons­truit aucune grande salle pen­dant plus d’un quart de siè­cle, entre 1984, année de la cons­truc­tion du Palais Omnisports de Paris-Bercy (qui nous a rendu, nous rend et nous ren­dra encore bien des ser­vi­ces, cher Philippe VENTADOUR), et 2010, qui verra, cet automne, l’inau­gu­ra­tion de la Grande Salle de Montpellier. Le POPB est un peu « l’arbre qui cache la forêt » ; sauf qu’il n’y a pas de forêt. La France ne compte aucune des 21 gran­des sal­les euro­péen­nes de plus de 15000 pla­ces qui peu­vent accueillir des mani­fes­ta­tions spor­ti­ves. L’Allemagne et l’Espagne en comp­tent 4 cha­cune, l’Angleterre, la Grèce et la Belgique, 2. Sept autres pays dis­po­sent d’une telle salle. Nous res­tons l’un des seuls pays euro­péens à ne pas nous être posi­tion­nés sur ce seg­ment. La France ne compte qu’une seule des 90 gran­des sal­les euro­péen­nes de plus de 10 000 pla­ces en confi­gu­ra­tion sport. L’Allemagne en compte 18, l’Espagne 12, l’Italie 6, l’Angleterre 5. Nous côtoyons, dans ce pal­ma­rès, des pays comme l’Irlande, la Lettonie, la Lituanie ou la Serbie. Et encore, pas tout à fait, puis­que leurs équipements sont de concep­tion net­te­ment plus récente. Car nos sal­les ne sont pas seu­le­ment plus peti­tes, elles sont aussi plus âgées : la moyenne d’âge des encein­tes de plus de 3 000 pla­ces uti­li­sées par les clubs pro­fes­sion­nels est de 21 ans en France contre 14 ans en Espagne et 7 ans en Allemagne.

Où est notre ambi­tion ? Où est notre grand pro­jet spor­tif ?
Je me tourne vers Yannick BAZIN, le pas­seur de l’équipe de France de vol­ley, vice-cham­pion d’Europe, et ses deux entraî­neurs, Philippe BLAIN pour la sélec­tion natio­nale, Mauricio PAÈS pour le Paris Volley. Je me tourne vers Crawford PALMER, vice-cham­pion olym­pi­que de bas­ket en 2000, aujourd’hui mana­ger spor­tif de la fédé­ra­tion. Je me tourne vers Richard DACOURY, l’un des spor­tifs fran­çais les plus titrés avec cinq cou­pes d’Europe, dont la coupe des clubs cham­pions avec le CSP Limoges en 1993. Je me tourne vers Olivier GIRAULT, cham­pion du monde de hand­ball en 2001, puis cham­pion d’Europe en 2006 et cham­pion olym­pi­que en 2008, aujourd’hui entraî­neur du Paris Handball. Je me tourne vers Bruno MARTINI, dou­ble cham­pion du monde de hand­ball, vain­queur de la Ligue des cham­pions avec Montpellier en 2003. Je me tourne vers Arnaud DI PASQUALE, médaillé de bronze aux jeux Olympiques de Sydney, qui vient d’inté­grer la direc­tion natio­nale de la Fédération fran­çaise de ten­nis ; Arnaud qui pour­rait pas­ser une petite annonce rédi­gée ainsi : fédé­ra­tion dyna­mi­que, brillants résul­tats spor­tifs, cher­che grande salle 12 000 pla­ces pour accueillir quart de finale France-Espagne juillet pro­chain… Contacter le minis­tère, qui trans­met­tra.

Je me tourne enfin vers Frédérique JOSSINET, médaillée olym­pi­que et mon­diale, tri­ple cham­pionne d’Europe de judo. Je me tourne vers vous tous, qui êtes la vitrine du sport fran­çais, d’inlas­sa­bles pour­voyeurs de médailles, vous qui contri­buez à l’éclat et au rayon­ne­ment de notre pays. Daniel COSTANTINI me le rap­pe­lait, depuis 1993 les équipes natio­na­les fémi­ni­nes et mas­cu­li­nes de bas­ket, de hand­ball et de vol­ley ont rap­porté 21 podiums à la France, dont 9 médailles d’or. C’est un bilan magni­fi­que. Je me tourne vers vous et je mesure davan­tage encore, aujourd’hui, les per­for­man­ces, les exploits que vous avez accom­plis.

Nos infra­struc­tu­res ne sont pas à la hau­teur de vos résul­tats. Les écarts économiques s’accen­tuent, creu­sant aussi les hié­rar­chies spor­ti­ves. Le retard de la France en matière de gran­des sal­les de plus de 10 000 pla­ces cons­ti­tue un frein au déve­lop­pe­ment du sport dans le pays ; mais il s’ins­crit aussi dans une pro­blé­ma­ti­que plus large, celle de la capa­cité de la France à atti­rer des événements de por­tée mon­diale. La France est aujourd’hui dans l’inca­pa­cité de cons­ti­tuer des dos­siers de can­di­da­ture cré­di­bles et ambi­tieux pour accueillir une com­pé­ti­tion inter­na­tio­nale de bas­ket, de hand­ball ou de vol­ley notam­ment. Nos récen­tes can­di­da­tu­res se sont sol­dées par autant d’échecs : c’est tout, sauf un hasard.

Et nos pro­chai­nes can­di­da­tu­res res­te­ront vai­nes si rien ne change.

Mais nous som­mes là pour ça : chan­ger. Insuffler enfin la dyna­mi­que que vous atten­dez, une dyna­mi­que à la hau­teur de vos résul­tats, une dyna­mi­que qui soit aussi une forme de reconnais­sance pour votre tra­vail et vos per­for­man­ces. Une dyna­mi­que qui vau­dra aussi pour le sport de masse, dont vous êtes les meilleurs pro­mo­teurs.

C’est de la vita­lité des clubs de haut niveau qu’une fédé­ra­tion se nour­rit pour étayer les ambi­tions de ses équipes natio­na­les. C’est de la vita­lité du sport d’élite que les asso­cia­tions et les clubs se nour­ris­sent pour contri­buer à leur tour à la dyna­mi­sa­tion de leur ter­ri­toire.

Or 75% des sal­les uti­li­sées par nos clubs pro­fes­sion­nels ont une capa­cité infé­rieure à 3000 pla­ces. La capa­cité moyenne des sal­les des clubs de 1re divi­sion de bas­ket espa­gnol est le dou­ble de celle de nos clubs de Pro A. Celle des clubs de 1re divi­sion de hand­ball alle­mand est pro­che du tri­ple de celle de nos clubs de D1. La com­pa­rai­son est éloquente. Le hand­ball alle­mand et le bas­ket espa­gnol domi­nent l’Europe et là non plus, il n’y a pas de hasard.

L’état de notre parc de sal­les (sou­vent impro­pres à une dif­fu­sion télé­vi­suelle de qua­lité) concourt au man­que de visi­bi­lité média­ti­que de nos clubs pro­fes­sion­nels ; il rend aussi plus dif­fi­cile la mise en place d’un modèle économique qui soit moins dépen­dant des sub­ven­tions publi­ques. Aujourd’hui, nos clubs de pre­mière divi­sion mas­cu­line de hand­ball, bas­ket et vol­ley dépen­dent en moyenne pour plus de la moi­tié de leur bud­get – 51% exac­te­ment – des sub­ven­tions publi­ques.

Certains clubs évoluent dans des sal­les qui sont par­fois loin de répon­dre aux condi­tions requi­ses pour l’orga­ni­sa­tion de com­pé­ti­tions pro­fes­sion­nel­les, que ce soit au regard de la sécu­rité, des condi­tions d’accueil des spor­tifs, des offi­ciels ou du public, du tracé sur les par­quets, de la qua­lité des retrans­mis­sions audio­vi­suel­les, de la visi­bi­lité des par­te­nai­res… Privés de dif­fu­seurs, donc de télé­spec­ta­teurs, évoluant devant des spec­ta­teurs moins nom­breux, nos clubs génè­rent moins de res­sour­ces pro­pres. Il est donc urgent de per­met­tre à nos clubs pro­fes­sion­nels de béné­fi­cier d’un « outil de tra­vail » per­for­mant et donc de res­sour­ces nou­vel­les, grâce aux­quel­les ils pour­ront déve­lop­per des poli­ti­ques spor­ti­ves plus ambi­tieu­ses ; la hausse de la qua­lité du spec­ta­cle spor­tif sus­ci­tant à son tour les dif­fu­sions audio­vi­suel­les, elles-mêmes sour­ces de reve­nus sup­plé­men­tai­res.

Mais l’enjeu des gran­des sal­les dépasse le seul péri­mè­tre du sport. D’abord parce que les gran­des sal­les moder­nes doi­vent aussi pou­voir héber­ger les gran­des pro­duc­tions cultu­rel­les. Ensuite, parce que les sal­les sont struc­tu­ran­tes pour l’amé­na­ge­ment, l’ani­ma­tion et le rayon­ne­ment d’un ter­ri­toire et s’ins­cri­vent dans une stra­té­gie qui dépasse l’orga­ni­sa­tion des seu­les com­pé­ti­tions inter­na­tio­na­les. Le Millenium Stadium de Cardiff ou la Lanxess Arena de Cologne mon­trent ainsi qu’une enceinte spor­tive peut assu­rer une tran­si­tion entre les quar­tiers, contri­buer au main­tien du lien social, per­met­tre l’exten­sion d’une ville à sa péri­phé­rie ou encore par­ti­ci­per de l’ani­ma­tion urbaine et du déve­lop­pe­ment économique. La ren­ta­bi­lité d’une grande salle est cer­tes économique ; mais elle est aussi sociale. Les gran­des sal­les sont donc au croi­se­ment d’acteurs et d’usa­ges mul­ti­ples. Pourtant, tout se passe comme si cha­cun avait déve­loppé sa pro­pre poli­ti­que, nous pri­vant de l’indis­pen­sa­ble réflexion com­mune per­met­tant la mutua­li­sa­tion des usa­ges. L’irra­tion­nel n’est jamais très loin lors­que s’empi­lent ou se jux­ta­po­sent, dans l’espace et dans le temps, des équipements mul­ti­ples (par ordre chro­no­lo­gi­que : gym­nase, Palais des Sports, Zénith) et dont la redon­dance aurait par­fois pu être évitée. Pourtant, la dif­fi­culté de trou­ver des finan­ce­ments, l’impé­ra­tif d’une ratio­na­li­sa­tion des inves­tis­se­ments publics et les exi­gen­ces de ren­ta­bi­lité de l’exploi­ta­tion néces­si­tent d’appor­ter une réponse com­mune aux atten­tes du sport et du spec­ta­cle. Ce défi, la France doit le rele­ver. La salle idéale, qui prend en compte les spé­ci­fi­ci­tés des dif­fé­rents sports et les contrain­tes média­ti­ques et com­mer­cia­les de l’événementiel, n’existe pas encore en France. Nous devons la cons­truire ensem­ble. Nous devons cons­truire des Arenas pour la France.

Les Arenas, ce sont ces gran­des sal­les mul­ti­fonc­tion­nel­les, per­met­tant d’orga­ni­ser des événements aussi bien spor­tifs que cultu­rels, et dont une modu­la­rité pré­cise et rapide, sans perte de temps entre deux événements, faci­lite la ren­ta­bi­lité. Ce sont des struc­tu­res plus gran­des, plus accueillan­tes et plus confor­ta­bles que les sal­les clas­si­ques. Elles atti­rent un public plus diver­si­fié, auquel elles offrent des pres­ta­tions de grande qua­lité : les spec­ta­teurs ne se ren­dent plus dans les encein­tes spor­ti­ves dans le seul but d’assis­ter à un match. Le bien-être est aussi impor­tant que l’adré­na­line.

Le concept est désor­mais bien connu à tra­vers toute l’Europe. Toute ? Non. Les irré­duc­ti­bles Gaulois, tou­jours. Or la sépa­ra­tion des usa­ges entre le sport et le spec­ta­cle, si elle se pro­lon­geait, condui­rait les sports pro­fes­sion­nels de salle fran­çais à une impasse en entra­vant leurs pers­pec­ti­ves de déve­lop­pe­ment. La France doit désor­mais, sans plus tar­der, entrer de plain-pied dans l’ère des sal­les mul­ti­fonc­tion­nel­les, a for­tiori dès lors que les solu­tions tech­no­lo­gi­ques uti­li­sées don­nent aujourd’hui plei­ne­ment satis­fac­tion. C’est le cas des pro­jets en cours, tels que ceux de Liévin, Montbéliard, Montpellier, Bordeaux, Dunkerque, Aix-en-Provence, Orléans – le pro­jet du député-maire Serge GROUARD, que je remer­cie et salue bien ami­ca­le­ment –, Villeurbanne – le pro­jet de Gilles MORETTON, que je salue aussi –, tous entre 6000 et 15000 pla­ces.

Nous devons aller plus loin.
Nous n’allons pas, demain, rat­tra­per l’Allemagne. Mais entre une seule salle de plus de 10 000 pla­ces et 18 comme en Allemagne, il y a un fossé que nous devons réduire. L’objec­tif que vous me pro­po­sez, cher Daniel COSTANTINI, est pro­por­tionné, réa­liste et ambi­tieux.

Nous devons per­met­tre à la France d’accueillir des com­pé­ti­tions euro­péen­nes ou mon­dia­les et de s’ins­crire dans le mar­ché de l’événementiel euro­péen en cons­trui­sant ou réno­vant une enceinte de 20 000 pla­ces, une enceinte de 15 000 pla­ces et cinq encein­tes de 10 000 pla­ces sur le modèle Arena. Un objec­tif réa­liste, puis­que cor­ro­boré par les pro­jets en cours, com­plé­tés par quel­ques autres qui res­tent à sus­ci­ter. Un objec­tif ambi­tieux aussi, puisqu’il pré­voit notam­ment de doter notre pays d’une très grande salle de 20 000 pla­ces, un équipement pres­ti­gieux per­met­tant de s’ins­crire dans le long terme et de nous met­tre au niveau des autres grands pays euro­péens. Un équipement aussi emblé­ma­ti­que qu’ont pu l’être Bercy et le Stade de France.

Nous devons encou­ra­ger l’avè­ne­ment d’une nou­velle géné­ra­tion de sal­les mul­ti­fonc­tion­nel­les.

Oui, cher Daniel, la mobi­li­sa­tion des fonds publics et pri­vés est néces­saire. Oui, le déve­lop­pe­ment dura­ble doit être pris en compte dès les pre­miè­res réflexions sur le pro­jet. Oui, nous devons ren­for­cer la sécu­ri­sa­tion et la valo­ri­sa­tion des inves­tis­se­ments, favo­ri­ser et encou­ra­ger le déve­lop­pe­ment de l’inves­tis­se­ment privé, notam­ment à tra­vers le naming.

Oui, nous devons per­met­tre à l’exploi­tant futur d’inter­ve­nir en amont et au cœur de la réa­li­sa­tion du pro­jet. Oui, nous devons encou­ra­ger l’inté­gra­tion des clubs dans les mon­ta­ges juri­di­ques.

Oui, l’Etat doit jouer un rôle moteur dans ce plan « Arenas 2015 ». Vous pro­po­sez que ce rôle se tra­duise par l’affec­ta­tion d’un finan­ce­ment excep­tion­nel de 140 mil­lions d’€ pour les gran­des sal­les de plus de 10 000 pla­ces, et par une aug­men­ta­tion de la dota­tion équipements du CNDS pour les sal­les de 5 000 à 8 000 pla­ces.

Je serai à vos côtés, et aux côtés du mou­ve­ment spor­tif, comme je le suis tou­jours depuis que le Président de la République m’a fait l’hon­neur de me nom­mer au Secrétariat d’Etat aux Sports, pour relayer les pré­co­ni­sa­tions de ce rap­port dont je ne dirai jamais assez la très grande qua­lité.

Permettez-moi de m’attar­der sur l’une d’elles, la troi­sième, qui sug­gère la mise en place d’un Comité Arena afin de faci­li­ter les démar­ches pour la réa­li­sa­tion de gran­des sal­les mul­ti­fonc­tion­nel­les et d’attri­buer les labels Arena, per­met­tant de vali­der les cahiers des char­ges, d’assu­rer une fonc­tion de coor­di­na­tion et de régu­la­tion, et ouvrant droit à un sou­tien finan­cier de l’Etat. J’y sous­cris, natu­rel­le­ment.

Mais m’en vou­drez-vous beau­coup, cher Daniel COSTANTINI, si je pro­pose à Denis MASSEGLIA (puis­que le Comité Arena tra­vaille­rait en lien avec le comité de pro­gram­ma­tion et le conseil d’admi­nis­tra­tion du CNDS) de bien vou­loir consi­dé­rer la can­di­da­ture, au moment de nom­mer le pre­mier pré­si­dent de ce nou­veau Comité, du pré­si­dent de la Commission qui en a pré­co­nisé la créa­tion ?

Rappelez-vous : vous êtes un homme de défis. Et vous ne pou­vez plus essayer de faire croire à qui­conque que vous n’êtes pas l’homme de la situa­tion ! Il nous reste beau­coup de che­min à par­cou­rir, vous le savez comme moi. Je vous remer­cie pour le tra­vail excep­tion­nel que vous m’avez remis aujourd’hui. Je sais à quel point vos com­pé­ten­ces, votre aura, votre impli­ca­tion ont compté dans la réus­site de la Commission que vous avez pré­si­dée comme vous entraî­niez : avec autant de cha­risme que de capa­cité d’écoute. Je sais aussi tout ce que ce tra­vail doit à l’enga­ge­ment quasi mili­tant, au pro­sé­ly­tisme, au tra­vail de sen­ti­nelle et de fédé­ra­teur des énergies qu’a accom­pli sans relâ­che son rap­por­teur omni­pré­sent, Frédéric BESNIER, que je remer­cie également très cha­leu­reu­se­ment. Rien n’aurait été pos­si­ble sans vous, Frédéric. Je remer­cie natu­rel­le­ment tous les mem­bres de la Commission. Je sais à quel point, mal­gré des emplois du temps char­gés, vous avez eu à cœur d’appor­ter, depuis les pre­miè­res réu­nions de novem­bre, vos com­pé­ten­ces, votre dis­po­ni­bi­lité, votre déter­mi­na­tion. Le rap­port est riche de tous vos apports, de vos sen­si­bi­li­tés, de vos dis­pa­ri­tés même, parce qu’elles reflè­tent la richesse nour­ri­cière du sport fran­çais. Il en va de même de tous ceux qui, au cours d’audi­tions, ou parce qu’ils ont été sol­li­ci­tés par le pré­si­dent ou le rap­por­teur, ont apporté sans comp­ter leurs réflexions, leurs contri­bu­tions, bref, leur talent. A tous, un grand merci.

Si nous pou­vons de nou­veau rêver, comme le sug­gè­rent les der­niers mots du rap­port, d’une équipe de France sacrée cham­pionne du monde ou d’Europe devant son public et dans ses nou­vel­les Arenas en 2015, nous vous le devrons.

Seul le pro­­noncé fait foi