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Discours de Rama Yade à l’occasion des vœux aux forces vives du sport Musée des arts forains, 26 janvier 2010 | 03/02/2010 |

3 février 2010

Mesdames, Messieurs,

Je suis très heu­reuse d’être parmi vous aujourd’hui, dans ce lieu iné­dit, et de pou­voir vous pré­sen­ter tous mes vœux de bon­heur, de santé et de suc­cès pour cha­cun d’entre vous et vos pro­ches.

Cette céré­mo­nie de vœux a évidemment quel­que chose de par­ti­cu­lier pour moi : c’est en effet la pre­mière depuis que le Président de la République et le Premier minis­tre m’ont fait l’hon­neur de me confier, il y a main­te­nant sept mois, la res­pon­sa­bi­lité du Secrétariat d’Etat aux sports.

Sept mois déjà ! J’ai, aujourd’hui comme hier, la même émotion qui me poi­gnait lors­que je suis arri­vée au minis­tère des Sports, ave­nue de France, une belle mati­née de juin et où m’accueillaient Roselyne et Bernard. J’éprouvais alors à la fois ce mélange d’appré­hen­sion et d’enthou­siasme : je rejoi­gnais ce monde fait de patience et d’exploit, d’humi­lité et d’effort, de pas­sion et de fra­ter­nité, de lon­gue his­toire, d’ancienne mémoire et d’actua­lité ardente. J’allais côtoyer ceux qui m’avaient fait rêver sur les sta­des, ceux qui m’avaient sou­le­vée d’enthou­siasme et tra­vailler avec ceux qui ser­vent, dans ce minis­tère, avec hon­neur et opi­niâ­treté, la grande poli­ti­que publi­que du sport en France.

Ma nomi­na­tion à l’époque avait dû sus­ci­ter, ici ou là, quel­ques dou­tes, quel­ques inter­ro­ga­tions. Une per­son­na­lité poli­ti­que qui ne vient pas du monde du sport. Une femme, qui plus est ! Et venant du Quai d’Orsay ! Les esprits les mieux dis­po­sés étaient intri­gués. Quant aux moins dis­po­sés, je ne suis pas d’humeur à leur faire de la publi­cité.

Car nous som­mes en France. Dans notre pays, sem­ble-t-il, seul un spor­tif serait capa­ble de conce­voir et conduire la poli­ti­que spor­tive de la France. Comme si les spor­tifs avaient voca­tion à res­ter entre eux, à l’écart de la société. Comme si le sport devait seu­le­ment se réduire au com­men­taire spor­tif, et être can­tonné à la rubri­que sport des jour­naux. Comme si le sport était un sujet à part, hors sol, isolé de la sphère poli­ti­que, étanche aux autres enjeux de société, à la ques­tion du han­di­cap, de la poli­ti­que de la ville, de l’amé­na­ge­ment du ter­ri­toire, de la poli­ti­que étrangère, du déve­lop­pe­ment dura­ble. Comme si le sport ne résu­mait pas à soi seul tou­tes les valeurs et les contra­dic­tions d’une société ! Comme si le sport n’était pas la plus grande pas­sion pla­né­taire ! Comme si le sport n’était pas le plus quo­ti­dien des enjeux ; comme si le sport avec 16 mil­lions de licen­ciés, 175.000 asso­cia­tions n’était pas la plus grande com­mu­nauté de France ! Comme si le sport n’était pas au coeur des enjeux d’éducation ! Comme si le sport ne comp­tait pas dans le pres­tige d’un pays comme la France ! Mais cela, les beaux esprits, qui sont sou­vent des esprits faux, l’igno­rent.

Toute mon action consiste jus­te­ment à pren­dre en consi­dé­ra­tion tous ces enjeux, et à pla­cer le sport au cœur du débat public. Et sans doute parce que je n’étais pas issue de sa tra­di­tion et de ses réseaux, à por­ter sur ses enjeux une pas­sion plus neuve.

Puisque nous célé­brons la nou­velle année, per­met­tez-moi de faire un point sur ce qui a été fait en 2009, et d’abor­der ce qui nous mobi­li­sera en 2010.

Première préoc­cu­pa­tion évidente en cette année de Jeux olym­pi­ques et para­lym­pi­ques de Vancouver et de Coupe du monde de foot­ball en Afrique du sud : le rayon­ne­ment du sport fran­çais. Et pas sim­ple­ment parce que nous som­mes la France et que l’orgueil et l’his­toire nous pous­sent à nous his­ser tou­jours à une ambi­tion un peu haute. Parce que le sport, dans le monde où nous som­mes, de com­pé­ti­tion et de riva­li­tés, où le clas­se­ment des nations est en passe d’être rebattu, est, comme l’économie ou la culture, un des éléments fort du carac­tère et de l’influence d’une nation dans le monde.

Ce rayon­ne­ment, il sera d’abord le fait de nos ath­lè­tes qui cette année repré­sen­te­ront la France dans des com­pé­ti­tions inter­na­tio­na­les. Je leur pré­sente à cet égard tous mes vœux les plus ardents de réus­site. Et je serai, nous serons, Roselyne et moi, à leurs côtés.

Ce rayon­ne­ment, il passe aussi par l’orga­ni­sa­tion de grands événements spor­tifs sur notre ter­ri­toire.

Dès cette année, nous accueille­rons en France les cham­pion­nats du monde d’escrime et de bad­min­ton, mais aussi ceux de tram­po­line et de pelote bas­que.

Avec Roselyne Bachelot et le mou­ve­ment spor­tif, et sous l’impul­sion du Président de la République, nous défen­drons avec la plus grande ardeur et énergie, la can­di­da­ture de la ville d’Annecy à l’orga­ni­sa­tion des Jeux Olympiques d’hiver en 2018, y com­pris lors de notre séjour pro­chain à Vancouver.

Nous nous bat­tons aussi pour qu’en mai pro­chain la France obtienne l’orga­ni­sa­tion de l’Euro 2016 de foot­ball. L’Etat s’est déjà engagé sub­stan­tiel­le­ment avec un fonds de sou­tien de 150 M€ pour les sta­des qui accueille­ront la com­pé­ti­tion. Nous conti­nue­rons à four­nir tou­tes les garan­ties néces­sai­res pour cré­di­bi­li­ser la can­di­da­ture fran­çaise. Le dos­sier tech­ni­que est prêt.

Par ailleurs, la Commission Grandes Salles, que j’ai ins­tal­lée en octo­bre der­nier, avec Daniel Costantini à sa tête, pro­po­sera dès le mois pro­chain des mesu­res pour favo­ri­ser l’émergence en France d’infra­struc­tu­res sus­cep­ti­bles d’accueillir de gran­des com­pé­ti­tions inter­na­tio­na­les de hand­ball, de bas­ket, de vol­ley mais aussi d’escrime, de judo ou encore de bad­min­ton. Je sou­haite que ce rap­port, et les recom­man­da­tions qu’il contien­dra, soit aussi nova­teur et pros­pec­tif que le fut le rap­port Seguin sur les Grands sta­des. Car il n’y a pas que le foot­ball ; le minis­tère n’est pas le minis­tère du foot­ball, mais le minis­tère des sports.

Car ces com­pé­ti­tions inter­na­tio­na­les, nous ne vou­lons pas seu­le­ment les orga­ni­ser. Nous vou­lons aussi les gagner ! Je ne puis énoncer ce sou­hait sans saluer la magni­fi­que cons­tance au plus haut niveau de l’équipe de France de hand­ball, qui nous a pro­cu­rés tel­le­ment de bon­heur, et qui dis­pute en ce moment le cham­pion­nat d’Europe avec tou­tes chan­ces de s’illus­trer une nou­velle fois.

C’est pour­quoi j’ai confié à Raphaël Ibañez une mis­sion sur la com­pé­ti­ti­vité des sports col­lec­tifs fran­çais. Le rap­port Besson s’était pen­ché sur l’envi­ron­ne­ment économique des clubs. La mis­sion Ibañez s’inté­resse aujourd’hui à leur orga­ni­sa­tion : quel­les condi­tions de pré­pa­ra­tion, quel­les infra­struc­tu­res, quelle logis­ti­que sont néces­sai­res au suc­cès des spor­tifs col­lec­tifs fran­çais ?

C’est pour­quoi aussi j’espère que le pro­jet de loi que j’ai pré­paré avec le sou­tien de Roselyne Bachelot-Narquin pourra être exa­miné au Parlement dans le cou­rant du pre­mier semes­tre 2010. Les mesu­res qu’il contient per­met­tront de sécu­ri­ser et favo­ri­ser l’inves­tis­se­ment privé dans les clubs pro­fes­sion­nels avec, notam­ment, l’ali­gne­ment du régime des socié­tés spor­ti­ves sur le droit com­mun des socié­tés com­mer­cia­les.

Il contri­buera aussi à la réforme du sport de haut niveau avec la créa­tion d’un Comité d’orien­ta­tion stra­té­gi­que et de l’excel­lence spor­tive, la mise en place des « Parcours d’excel­lence spor­tive » et le ren­for­ce­ment de la pro­tec­tion sociale des spor­tifs de haut niveau.

Ces mesu­res com­plé­te­ront la réforme de l’INSEP, devenu par un décret du 25 novem­bre 2009 l’Institut natio­nal du sport, de l’exper­tise et de la per­for­mance. Sa réor­ga­ni­sa­tion, appuyée sur une mobi­li­sa­tion des res­sour­ces humai­nes inter­nes et un recru­te­ment externe des meilleurs experts, cons­ti­tue le nou­vel enjeu pour 2010.

Cette quête de l’excel­lence ne doit pas pour autant nous faire oublier les déri­ves qui mena­cent le monde du sport. Que serait le rang de la France, cette ambi­tion de demeu­rer une grande nation spor­tive, si ce suc­cès se cons­trui­sait au prix ou dans l’oubli des valeurs qui le fon­dent ? Le sport, c’est aussi son exem­pla­rité.

Je pense bien sûr au com­bat per­ma­nent qu’il convient de mener contre le fléau du dopage. Je me suis enga­gée publi­que­ment à ce que l’AFLD soit assu­rée de rece­voir les moyens bud­gé­tai­res qui sont néces­sai­res à sa mis­sion. Et c’est bien ce que je compte faire. Pas de pro­cès d’inten­tion ni de sous-esti­ma­tion de ma déter­mi­na­tion sur cet enjeu vital pour l’ave­nir de notre sport. Le minis­tère des sports conduit depuis plus de 10 ans une poli­ti­que faite de fer­meté et d’effi­ca­cité. Roselyne BACHELOT et moi-même, som­mes déter­mi­nées à la pour­sui­vre et à la ren­for­cer.

Si le sport est par­fois cor­rompu par la tri­che­rie, il l’est aussi par les vio­len­ces qui le défi­gu­rent. Cette volonté de pré­ser­ver l’exem­pla­rité du sport, d’endi­guer et de pré­ve­nir les com­por­te­ments hai­neux, se retrouve également dans de nou­vel­les ini­tia­ti­ves pour lut­ter contre les vio­len­ces dans le foot­ball.

Dans deux jours, le 28 jan­vier, se tien­dra ainsi le Congrès natio­nal des asso­cia­tions de sup­por­ters qui réu­nira à ma demande au Stade de France les grou­pes de sup­por­ters, les ins­tan­ces spor­ti­ves, les dif­fu­seurs et les pou­voirs publics. L’objec­tif est de les faire tra­vailler ensem­ble sur le rôle des sup­por­ters dans le monde du foot­ball et de trou­ver des solu­tions concer­tées aux pro­blè­mes récur­rents de vio­lence dans les sta­des. Avec Brice Hortefeux et le minis­tère de l’Intérieur, ainsi qu’avec Michèle Alliot-Marie et la Chancellerie, nous vou­lons cons­truire une poli­ti­que de long terme pour com­bat­tre ce phé­no­mène inac­cep­ta­ble des vio­len­ces.

J’aime à dire que ce minis­tère est celui de l’Education popu­laire. La nais­sance avec le Front popu­laire et Léo Lagrange, sa matu­ra­tion avec Maurice Herzog et Pierre Mazeaud, en font un outil de proxi­mité excep­tion­nel. C’est pour­quoi l’accès de tous au sport doit être son moteur intime. Sans uni­ver­sa­lité du sport et de ses pra­ti­ques, une poli­ti­que publi­que du sport man­que­rait à sa mis­sion prin­ci­pale. Autre chan­tier donc pour 2010 : offrir à tous et tou­tes un égal accès à la pra­ti­que spor­tive.

C’est une mis­sion essen­tielle, qui se maté­ria­lise avec l’action du Centre natio­nal de déve­lop­pe­ment du sport qui en 2010 aidera, avec son bud­get de 240 mil­lions d’euros, plus de 40 000 asso­cia­tions spor­ti­ves et cons­truira ou réno­vera plus de 800 équipements spor­tifs.

Car contrai­re­ment à ce que j’entends ici ou là, l’Etat ne se désen­gage pas du sport – même si quel­ques-uns en rêvent peut-être dans le secret tech­no­cra­ti­que des bureaux ou au ser­vice de des­seins plus dis­si­mu­lés.

Je prône pour ma part un réen­ga­ge­ment de l’Etat. C’est pour­quoi je me suis bat­tue dès mon entrée en fonc­tion pour que les res­sour­ces du CNDS béné­fi­cient d’une contri­bu­tion supé­rieure à ce qui était prévu concer­nant le pré­lè­ve­ment sur les mises des paris spor­tifs.

Cet argent, nous l’uti­li­sons en prio­rité là où les besoins sont les plus grands, et en pre­mier lieu dans les quar­tiers les plus dif­fi­ci­les, à Clichy-sous-Bois, à Villiers-le-Bel, à Montfermeil, à Firminy, et tant d’autres quar­tiers trop long­temps délais­sés…

Dans les zones rura­les aussi. Car il ne doit pas exis­ter de désert spor­tif dans nos ter­ri­toi­res. C’est, pour moi, un impé­ra­tif. La République doit avoir sa place dans les quar­tiers, mais aussi dans nos ter­roirs. Et c’est notam­ment pour­quoi j’ai demandé que dès cette année les cri­tè­res d’attri­bu­tion des finan­ce­ments en matière d’équipements spor­tifs du CNDS pren­nent davan­tage en compte les spé­ci­fi­ci­tés socia­les, économiques et démo­gra­phi­ques des ter­ri­toi­res ruraux.

La conti­nuité ter­ri­to­riale et des poli­ti­ques en matière de sport s’appli­que aussi à l’Outre mer. Le der­nier Comité inter­mi­nis­té­riel de l’Outre mer a prévu plu­sieurs mesu­res à ce sujet. Ce n’est que jus­tice. La République qui a tel­le­ment béné­fi­cié de l’aura de ses ath­lè­tes ultra marins doit pou­voir à nou­veau cons­truire les condi­tions pour sa jeu­nesse d’une nou­velle excel­lence spor­tive. J’ai également demandé à Serge LETCHIMY, député-maire de Fort de France, de réflé­chir aux dif­fi­cultés struc­tu­rel­les qui han­di­ca­pent ces ter­ri­toi­res en matière d’équipements et d’accès du plus grand nom­bre au sport.

En 2010, enfin, il fau­dra pour­sui­vre l’impor­tante réforme de l’Etat entre­prise depuis deux ans dans le cadre de la révi­sion géné­rale des poli­ti­ques publi­ques.

Ces trans­for­ma­tions – qu’elles concer­nent la restruc­tu­ra­tion des réseaux des CREPS et des Ecoles natio­na­les, la réno­va­tion de l’INSEP ou la créa­tion de direc­tions régio­na­les et dépar­te­men­ta­les inter­mi­nis­té­riel­les – s’ins­cri­vent dans une moder­ni­sa­tion indis­pen­sa­ble de l’Etat.

Elles exi­gent de l’ambi­tion et de la méthode.

L’ambi­tion d’abord : il faut un Etat réformé. Je suis pour un Etat d’excel­lence. C’est la condi­tion d’une poli­ti­que publi­que des sports à la mesure de l’ambi­tion de notre pays. Avec un minis­tère des sports qui a les capa­ci­tés en hom­mes et en moyens d’accom­plir cette ambi­tion. Un Etat réformé ce n’est pas un Etat démo­ra­lisé et asphyxié. Comptez sur moi comme je compte sur vous pour faire gagner l’équipe France dans le domaine du sport.

La méthode ensuite : une réforme réus­sie est d’abord une réforme bien com­prise. Et sur ce point, beau­coup reste encore à faire. Je m’y suis attelé depuis six mois en nouant le dia­lo­gue avec les syn­di­cats tous remon­tés, col­lec­ti­vi­tés loca­les, les élus locaux et régio­naux sur les dif­fé­rents CREPS concer­nés par la restruc­tu­ra­tion du réseau des établissements ; en ren­contrant sys­té­ma­ti­que­ment les agents de l’admi­nis­tra­tion des sports durant cha­cun de mes dépla­ce­ments en pro­vince.

De l’ambi­tion, une méthode, mais aussi des résul­tats.

Outre l’abou­tis­se­ment de la réno­va­tion et de la trans­for­ma­tion de I’Insep en grand établissement uni­ver­si­taire (quelle reconnais­sance pour le sport, encore ini­ma­gi­na­ble il y a quel­ques années !), le cite­rais la créa­tion de l’Institut du Cheval et de l’Equitation : ce nou­vel établissement public, dont le décret vient tout juste d’être publié, orga­nise la fusion de l’Ecole natio­nale d’Equitation et de son fleu­ron, le Cadre Noir, avec les mis­sions réga­lien­nes des Haras natio­naux.

Ce nou­vel ins­ti­tut aura son siège à Saumur et confor­tera les mis­sions de l’Ecole tant en matière de for­ma­tion que d’excel­lence spor­tive, tout en lui per­met­tant d’avoir accès désor­mais aux ins­tal­la­tions de qua­lité sur l’ensem­ble du ter­ri­toire. Je sou­haite que la Fédération fran­çaise d’équitation trouve dans ce nou­vel établissement un par­te­naire pri­vi­lé­gié qui l’épaule dans son pro­jet d’excel­lence au ser­vice de la poli­ti­que spor­tive fédé­rale.

Le pro­jet de décret de l’Ecole natio­nale des sports de mon­ta­gne est désor­mais abouti. Composé des deux enti­tés que cons­ti­tuent l’Ecole natio­nale de ski et d’alpi­nisme à Chamonix et le Centre National de ski nor­di­que et de moyenne mon­ta­gne à Prémanon, la nou­velle Ecole per­met­tra le ren­for­ce­ment des com­pé­ten­ces de l’Etat tant en matière de for­ma­tion que de sport de haut niveau. Nous avons là l’ins­tru­ment d’un rayon­ne­ment ren­forcé sur l’ensem­ble des mas­sifs natio­naux et à l’inter­na­tio­nal.

Les concer­ta­tions enga­gées sur les évolutions struc­tu­rel­les à appor­ter aux CREPS de Dinard en Bretagne et de Voiron en Rhône-Alpes sont sur le point d’abou­tir. Ce ne sera ni la fer­me­ture, ni le main­tien en l’état. J’assis­te­rai, ce ven­dredi, à Rennes, à la signa­ture du pro­to­cole d’accord entre l’Etat et le Conseil régio­nal. Cet accord, tout en pré­ser­vant les fonc­tions d’accueil et de for­ma­tion, per­met­tra dans le cadre d’une nou­velle struc­ture multi-par­te­na­riale, de jeter les bases d’une nou­velle stra­té­gie en faveur de l’excel­lence spor­tive en Bretagne.

Le pro­to­cole sur le deve­nir du Creps de Voiron peut être consi­déré également comme abouti. Une nou­velle dyna­mi­que, sur la base d’un pro­jet pro­posé par un col­lec­tif des per­son­nels, sera enga­gée sur le site, asso­ciant davan­tage les col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­ria­les.

Vous le voyez : avec la RGPP, il n’y a aucune fata­lité. Du tra­vail, de l’ima­gi­na­tion, de la concen­tra­tion peu­vent per­met­tre un abou­tis­se­ment très posi­tif.

Je pour­sui­vrai sans relâ­che mon action en 2010 car c’est bien ce que l’on est en droit d’atten­dre d’un secré­taire d’Etat res­pon­sa­ble d’une admi­nis­tra­tion : qu’il agisse bien sûr, mais aussi qu’il ren­contre, écoute, dia­lo­gue, expli­que, réex­pli­que avec l’objec­tif de com­pren­dre les inquié­tu­des et les atten­tes de ses agents et l’espoir de les convain­cre du carac­tère vital de la réforme, tout en y injec­tant cette huma­nité, ce res­pect néces­sai­res.

Ces dif­fé­rents chan­tiers et pro­jets auraient déjà bien suffi à occu­per mes pro­chains mois. Mais je crois que nous pou­vons aller encore plus loin et dépas­ser les fron­tiè­res arti­fi­ciel­les dans les­quel­les cer­tains beaux esprits ont confiné le sport en France.

L’idée que je me fais du sport est celle d’un sport total, par­tie pre­nante de tous les grands mou­ve­ments de notre société, s’impo­sant dans des débats où il n’ose habi­tuel­le­ment s’invi­ter.

Le sport doit vivre avec son temps.

C’est pour­quoi j’orga­ni­se­rai en avril 2010 les pre­miè­res Assises du sport dura­ble. Comment ima­gi­ner ou croire que le minis­tère des sports peut se tenir à l’écart d’un des plus grands défis de notre siè­cle ? Ces Assises seront l’occa­sion de trai­ter de ques­tions fon­da­men­ta­les qui affec­te­ront bien­tôt direc­te­ment l’ensem­ble des 175.000 asso­cia­tions spor­ti­ves de notre pays comme le ren­ché­ris­se­ment du prix des énergies fos­si­les et l’ins­tau­ra­tion de la taxe car­bone. Elles rap­pel­le­ront aussi que le bien-être, la qua­lité de vie et l’éducation, valeurs dura­bles par excel­lence, sont au cœur de la pra­ti­que spor­tive.

C’est pour­quoi j’ai lancé le 16 décem­bre les Etats géné­raux des sports urbains. Les sports de rue connais­sent une forte crois­sance de leurs acti­vi­tés. Mais celle-ci s’est faite à l’écart du monde spor­tif tra­di­tion­nel et sans aucune reconnais­sance des pou­voirs publics. Les Etats géné­raux doi­vent per­met­tre de trou­ver des solu­tions iné­di­tes pour reconnaî­tre et sou­te­nir ces sports qui entre­tien­nent un lien pri­vi­lé­gié avec les nou­vel­les cultu­res urbai­nes, de par­ler à une jeu­nesse qui avec brio et talent, sait uti­li­ser le pay­sage urbain pour réa­li­ser des per­for­man­ces à la limite du sport et de la culture.

C’est pour­quoi je veux également que le sport trouve toute sa place dans le débat en cours sur le Grand Paris. Comment peut-on par­ler d’un Grand Paris de la recher­che, d’un Grand Paris de la culture, et ne pas évoquer le Grand Paris du sport ? Aucune métro­pole mon­diale ne peut se pas­ser aujourd’hui de grands équipements spor­tifs de pres­tige ou d’une offre d’acti­vi­tés spor­ti­ves de qua­lité pour ses habi­tants. Cela, Londres, Pékin, Rio ou New York l’ont bien com­pris. Si Paris veut riva­li­ser avec elles, c’est donc aussi par le biais du sport qu’elle devra le faire.

Le sport doit également être entendu dans le débat sur les col­lec­ti­vi­tés loca­les. Le statu quo n’est plus pos­si­ble, c’est une évidence. Il faut en finir avec l’empi­le­ment des struc­tu­res, l’enche­vê­tre­ment des com­pé­ten­ces, le laby­rin­the des finan­ce­ments croi­sés, l’intri­ca­tion des res­pon­sa­bi­li­tés. Les équilibres de finan­ce­ment dans le sport sont cepen­dant extra­or­di­nai­re­ment fra­gi­les, vous le savez mieux que moi. La contri­bu­tion finan­cière des dépar­te­ments et des régions, qui dépas­sent le mil­liard d’euros, est une néces­sité vitale pour le sport fran­çais.

Je ne conçois pas pour autant le débat actuel comme une menace, mais plu­tôt comme une oppor­tu­nité à ne pas man­quer. Il repré­sente la chance d’orga­ni­ser une plus grande cohé­rence des niveaux d’inter­ven­tion, une meilleure lisi­bi­lité pour le mou­ve­ment spor­tif et, fina­le­ment, une meilleure sécu­ri­sa­tion des dif­fé­ren­tes sour­ces de finan­ce­ment pour le sport.

J’ai pris plu­sieurs ini­tia­ti­ves pour que ce débat sur la place du sport puisse être appré­hendé dans tou­tes ses dimen­sions, au moment où le Sénat a com­mencé à s’empa­rer du pro­jet de loi sur la réforme des col­lec­ti­vi­tés et où l’Assemblée natio­nale le fera pro­chai­ne­ment. Nous tra­vaillons main dans la main avec le mou­ve­ment spor­tif et je me féli­cite des conver­gen­ces d’appro­ches que nous avons, cher Denis MASSEGLIA, sur cet enjeu majeur, notam­ment exprimé lors de cette ren­contre, que j’ai orga­ni­sée avec Dominique Perben, le futur rap­por­teur du texte..

En somme, je veux que 2010 soit l’année d’une nou­velle alliance entre le sport et la société fran­çaise.

Je crois même que le sport fran­çais doit aller encore plus loin et por­ter une cer­taine idée de la France dans le monde, por­ter les valeurs de la société fran­çaise hors de ses fron­tiè­res.

Il existe une pra­ti­que scan­da­leuse, qu’on peut appe­ler la traite des mineurs dans le foot­ball, qui tou­che prin­ci­pa­le­ment de jeu­nes Africains, pous­sés par des inter­mé­diai­res sans scru­pu­les, se retrou­vant seuls et aban­don­nés sur le ter­ri­toire euro­péen. Je reviens d’Afrique du sud où j’ai pu mesu­rer sur le ter­rain la valeur des pro­gram­mes d’action exem­plai­res de for­ma­tion et d’éducation que nous avons contri­bué à finan­cer, comme « Diambar’s » ou « Football for hope ». Contre les mar­chands de chair et pour lut­ter contre ce nou­vel escla­vage, il faut une action publi­que déter­mi­née en appui d’ini­tia­ti­ves de la société civile.

Pour endi­guer ce phé­no­mène, j’ai mis en place un fonds spor­tif pour la pro­tec­tion inter­na­tio­nale de l’enfance. Il vien­dra en appui des ini­tia­ti­ves de ter­rain en faveur de la pro­tec­tion des droits de l’enfant. Pour agir, ce fonds dis­po­sera de finan­ce­ments publics à hau­teur de 2 mil­lions d’euros annuels, et j’engage en ce moment une cam­pa­gne de levée de fonds pri­vés afin de réu­nir au moins 2 mil­lions d’euros sup­plé­men­tai­res.

Ces valeurs, j’irai également les sou­te­nir auprès de la Commission euro­péenne, afin de défen­dre le fair-play finan­cier et la pro­tec­tion de la for­ma­tion. La for­ma­tion est au cœur de nos enjeux en matière de sport. Nous devons inven­ter les nou­veaux dis­po­si­tifs économiques qui la consa­cre­ront. L’adop­tion du traité de Lisbonne vient de poser les bases ins­ti­tu­tion­nel­les de la spé­ci­fi­cité du sport. C’est une reconnais­sance du tra­vail de la France, et notam­ment de la pré­si­dence fran­çaise de l’Union euro­péenne, dont les tra­vaux furent pré­cur­seurs. Il nous appar­tient désor­mais d’aller plus loin ; ce sera l’objec­tif de mes ren­contres, dans les pro­chains mois, avec mes homo­lo­gues minis­tres des Sports de l’Union euro­péenne.

Mon action en faveur du sport fran­çais est ambi­tieuse. Je ne m’en cache pas. Cela n’empê­che pas que beau­coup de cho­ses en peu de temps ont été réa­li­sées, au prix d’un effort que mon cabi­net, sous la direc­tion de Hugues Moret, a engagé. Qu’il en soit remer­cié, ainsi que cha­que mem­bre du cabi­net.

Il serait pour­tant facile de se lais­ser por­ter par les grands événements spor­tifs qui ryth­ment l’année, de se conten­ter de com­men­ter l’actua­lité spor­tive…

Mais mon action au secré­ta­riat d’Etat ne vise pas à sim­ple­ment accom­pa­gner des chan­ge­ments subis ou pen­sés ailleurs. Elle veut au contraire sou­li­gner le rôle essen­tiel de l’Etat dans notre modèle spor­tif.

J’entends dire que le temps du minis­tère des sports serait passé, qu’il devrait renon­cer de lui-même à son rôle. Eh bien, je suis, vous l’avez com­pris, aux anti­po­des de cet état d’esprit.

Et la réor­ga­ni­sa­tion en cours de l’admi­nis­tra­tion des sports ne change rien à cet état de fait.

Je le dis aux repré­sen­tants de nos ser­vi­ces ici pré­sents.

Je le dis aux repré­sen­tants du mou­ve­ment spor­tif qui s’inquiè­tent du ris­que de voir dis­pa­raî­tre un inter­lo­cu­teur bien iden­ti­fié et sur­tout pétri de cette culture du par­te­na­riat et de l’accom­pa­gne­ment qui est la mar­que de la culture d’inter­ven­tion de nos ser­vi­ces.

Cette réor­ga­ni­sa­tion est un défi pour nous : elle doit nous conduire à repen­ser cer­tains de nos modes d’orga­ni­sa­tion. Repenser, mais non renon­cer à être tou­jours plus effi­ca­ces, tou­jours plus per­for­mants, pour rem­plir cette mis­sion de ser­vice public qu’incarne la poli­ti­que publi­que du sport.

J’espère pou­voir comp­ter sur votre sou­tien.

Je vous remer­cie.
Seul le pro­noncé fait foi